Augmentation de la longévité par la restriction calorique : est-ce transposable à l’homme ?

De nombreuses études ont montré que la restriction calorique augmente la longévité et retarde la survenue de maladies liées au vieillissement (diabète, sarcopénie, néoplasies, ostéoporose, immunosénescence, troubles cognitifs . . .) dans de nombreuses espèces animales. Mais les résultats sont très controversés chez l’humain.

Relativement facile à élever en captivité, le macaque rhésus a été souvent utilisé pour des recherches médicales ou biologiques, car ces singes possèdent 93 % de gènes communs avec les humains. Il pourrait s’agir d’un très bon modèle d’étude de la longévité chez l’homme.

Récemment, plusieurs études ont évalué l’impact de la réduction calorique sur la durée de vie des singes Rhesus, afin de permettre une meilleure extrapolation des résultats à l’homme.

Une équipe de l’Université du Wisconsin a réalisé une analyse de la littérature internationale l’intérêt de la restriction calorique dans ce macaque.

Selon leurs résultats, une réduction calorique de 20 %, portant notamment sur le repas du soir de macaques adolescent ou adultes (20 ans), améliorerait significativement la longévité des singes. La durée moyenne de vie est passée de 26 ans en captivité à 35 ans, en retardant significativement la survenue d’adénocarcinomes, diabète et maladies cardio-vasculaires. Un tel régime débuté plus tôt (pré-adolescent) n’aurait aucun impact sur la durée de vie.

Ce type de régime serait donc plus avantageux s’il est commencé relativement tard dans la vie selon le professeur Rozalyn Anderson, l’un des auteurs de l’étude.

Si l’on extrapole à l’homme, la restriction calorique (sans carence), débutée à partir de 40 ans, en réduisant drastiquement voire arrêtant tout apport calorique le soir, jusqu’au petit déjeuner du lendemain matin. Pour les auteurs, cette réduction calorique pourrait permettre de vivre plus longtemps en réduisant les risques de cancer, de diabète ou de maladies cardiovasculaires.  Il ne manque plus que des études chez l’homme pour nous conforter.

 

Mattison JA, Colman RJ, Beasley TM, Allison DB, Kemnitz JW, Roth GS, Ingram DK, Weindruch R, de Cabo R, Anderson RM. Caloric restriction improves health  and survival of rhesus monkeys. Nat Commun. 2017 Jan 17;8:14063. doi: 10.1038/ncomms14063.

Par le Docteur Christophe de JAEGER